• J'ai commencé l'année avec l'objet d'étude "Visions poétiques du monde" avec l'étude de Comment Wang-Fô fut sauvé, oeuvre dans laquelle les sens ont une place prépondérante. En cursive, j'ai donné La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules de Delerm. J'enchaîne avec l'autobiographie et notamment la lecture de la fameuse madeleine de Proust. J'avais donc envie de faire écrire les élèves autour des 5 sens ( d'autant qu'il n'est pas rare qu'il y ait une question sur ce thème au brevet). 

    Voici donc un petit cahier d'écriture que nous remplirons en classe. C'est un mélange d'écriture autobiographique et de coaching bien-être. J'ai envie de profiter de cette séquence sur l'autobiographie pour que mes élèves se recentrent sur eux et ce qui les rend heureux (surtout en cette période d'incertitude et d'angoisse permanente). 

    En parallèle les élèves préparent leur "dossier moi" qu'ils rendront début novembre.

    Le fichier sera imprimé en noir et blanc sous forme de livret. J'envoie le PDF couleur aux élèves pour qu'ils impriment en grand format et en couleur s'ils le souhaitent. 

    Lien vers le fichier 

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  • Puisque mes élèves de 4e ont adoré l'enquête autour du réalisme, j'ai fait une version 3e pour commencer la séquence sur l'autobiographie. 

    Les élèves sont en îlot, par groupe de 4. Chacun a un rôle grâce aux cartes rôles qui définissent aussi les groupes de façon aléatoire. 

    Le "chercheur" va chercher les missions disposées sur une table. 

    C'est l'occasion aussi de leur faire choisir un livre à lire à la maison. J'ai donné une liste de lecture avec des mots clefs : cette liste va aussi aider les élèves à réfléchir aux différents thèmes et formes de l'autobiographie. 

    Télécharger « Liste de lecture récits autobiographiques.odt »

    Télécharger « 3e- Enquetes sur les représentations de soi.pdf »

     

    Organisation de la séance : 

    - L'objectif : comprendre les caractéristiques et les enjeux de la représentation de soi dans les arts pour pouvoir remplir une carte mentale de synthèse à la fin de l'enquête. 

    - Pour cette enquête j'ai imposé un ordre à suivre pour les missions ( deux ordres différents pour éviter d'avoir trop de photocopies/plastifications à faire). Les missions sont liées les unes aux autres et chacune permet d'avancer la réflexion. 

    - Le "scribe" du groupe prend des notes au fur et à mesure : ces notes doivent être claires pour pouvoir être réutilisées au moment de la synthèse. Ils peuvent faire des cartes mentales aussi ( pour la mission peinture par exemple ça s'y prête bien).

    - Les élèves font appel à moi ( avec le tétra-aide) pour valider les missions. Je complète leur carte ilot ( 1 ou 2 points par mission). C'est l'occasion d'approfondir avec chaque groupe et de faire des mini-cours particuliers. J'aime beaucoup ces moments d'échange : les élèves se sentent vraiment concernés puisqu'ils sont que 4 face à moi. 

    - Lorsque tous les groupes ont terminé nous prendrons un temps de synthèse collective pour compléter la carte mentale. 

    Elle est ici

    - Je donnerai aux élèves un dossier avec les textes et les tableaux pour qu'ils gardent une trace. Ils pourront notamment s'en servir pour l'oral du brevet s'ils le souhaitent. 

    - La séance prend du temps mais la séquence sera déjà bien avancée. Et surtout les élèves sont contents de travailler et s'investissent vraiment donc ça vaut le coup. 

    En complément, il y a un petit cahier d'écriture à remplir pendant la séquence ( essentiellement en classe lors de moments détente entre deux heures ou en fin de journée). Les élèves feront aussi leur dossier "moi" à faire à la maison pendant les vacances et en lien avec les activités faites en classe ( il faudra par exemple faire son autoportrait-robot).

    N'hésitez pas à utiliser cette séance ou à vous en inspirer ! Faites-moi un retour si vous utilisez mon travail, cela me fait toujours plaisir ! 

     

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  • Dictées audio pour mes 3e :

    Cliquez sur votre niveau et faites la dictée en suivant la méthode habituelle (saut de lignes, repérage...). Faites les exercices de révision préalables et les exercices de prolongement également. 

    -Niveau 1/2

    Niveau 2/3

    Niveau 3 

    Niveau 4 

    PS : Rien ne vous empêche de faire plusieurs dictées :D 


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  • Classes de 4e : 

    Lien vers les nouvelles à lire : cliquez ici.

    Vous pouvez lire des choses en plus et consigner vos lectures sur le cahier du lecteur. cela sera évalué en bonus. 

     

    Classes de 3e

    - Lien vers la leçon de grammaire G1 : cliquez ici

     


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  • J'ai mis du temps à me décider à fonctionner en îlots. Comment limiter le bruit ? comment être sûre que les élèves travaillent vraiment ? et les équipes on les forme comment ? Que faire de ceux qui n'ont pas de copain avec qui travailler ? et de ceux qui font le bazar dans leur groupe et attendent que ça se passe ? Toutes ces questions m'ont longtemps freinée mais il a fallu que je me rende à l'évidence : mes élèves sont passifs, de plus en plus passifs. Ils ont besoin d'être en action ! Plus jamais de séance de grammaire le lundi de 16 à 17h devant 29 gamins qui attendent que ça se passe ! Et moi qui gesticule dans tous les sens et qui prend une voix tout enjouée pour leur donner de l'entrain " Allez, on y va c'est parti ! on analyse les fonctions dans la phrase ! youpi !".. Plus jamais ! 

    Les élèves adorent travailler ensemble. Le travail en équipe ça a un goût de liberté et ensemble on est toujours plus fort.

    "Tout seul je vais vite, ensemble on va loin, l'esprit d'équipe comme un refrain. " comme le dit un slam de Grand Corps Malade ! 

    Poussée par les publications de mes collègues sur les réseaux et après quelques lectures je me suis lancée et j'ai créé des outils qui me correspondent et qui me ressemblent. Voici quelques pistes pour vous aider à vous lancer à votre tour ! 

     

    Comment constituer les équipes ? 

    C'est l'éternel dilemme : laisser les élèves choisir ou imposer des équipes. Il y a des avantages et inconvénients :

    - Les groupes formés par affinité motivent les élèves car ils se sentent à l'aise. Ca permet aux élèves timides en groupe-classe de se sentir plus en confiance. Mais le problème est double : d'une part on a rapidement des groupes de niveau surtout s'il y a des points à gagner. De plus, ça me fait toujours beaucoup de peine de voir des élèves à part, que personne ne veut jamais intégrer. Ca finit toujours avec un groupe d'esseulés, qui n'ont pas choisi d'être ensemble et qui se sentent rejetés. J'ai déjà vu des élèves en larmes... 

    - Les groupes imposés par le prof ça permet de faire des groupes hétérogènes ou homogènes selon les besoins et les compétences à travailler. C'est pratique et le prof peut ainsi éviter de mettre des copains bavards ensemble. Mais ça peut donner lieu à des contestations, des frustrations...

    Cette année j'essaie un entre-deux : les équipes formées au hasard. J'aime bien l'idée parce que ça donne la chance aux élèves de travailler avec tout le monde. Ca favorise la cohésion de classe. Je pense qu'en cours d'année je donnerai la possibilité aux élèves de former, au moins partiellement, leurs équipes. Je vais voir au fur et à mesure. J'étais assez contente de ces premiers groupes formés au hasard. 

    Pour la mise en place des groupes c'est mon mari qui m'a sauvée ( le pauvre, je lui parle de mes cours toute la journée ^^). Il est revenu de formation avec une brillante idée : un jeu de 7 familles pour répartir les élèves au hasard ! J'ai récupéré l'idée en y mettant ma patte : j'ai créé des familles d'écrivains. Ca permet à la fois de faire des équipes au hasard, de distribuer les rôles au sein de l'équipe et  de faire un peu de culture générale. 

     

    Le jeu des 7 familles 

    En vérité il y en a 8 parce que je n'arrivais plus à m'arrêter ^^Chaque famille est composée de 6 écrivains pour les 6 rôles à distribuer au sein d'une équipe. Cela a été vraiment difficile de choisir. J'ai essayé de choisir en fonction des oeuvres et textes vus au collège. 

    Sur le recto on trouve le nom de l'auteur et une image, le nom de la famille littéraire, et le rôle que l'élève doit endosser dans son groupe ( je détaille juste en dessous). Au verso on trouve quelques éléments sur la vie et l'oeuvre de l'auteur. 

    Merci infiniment aux collègues des différents groupes Facebook pour leur aide précieuse dans la rédaction des notices bibliographiques ! 

    J'ai imprimé en recto verso, plastifié et découpé le tout. Je distribue une carte à chaque élève au moment d'entrer en classe. Sur chaque îlot est placée une carte de la famille pour permettre aux élèves de savoir où s'asseoir. Les groupes restent les mêmes pendant un mois environ ( j'explique comme cela fonctionne dans le paragraphe concernant les cartes îlots). 

    Les élèves prennent le temps de prendre connaissance de l'auteur et du rôle qu'ils doivent incarner. C'est rigolo de les entendre s'appeler par leur nom d'auteur ^^ De temps à autre, je passe poser des questions sur leur auteur et si la réponse est juste je donne un petit bonus sur la carte îlot.

    Lien vers les cartes rôle  

    Si vous réutilisez mon travail, merci de ne pas oublier la source. Cela représente beaucoup de travail, il mérite d'être respecté. Merci ! 

     

    Les différents rôles

    J'ai passé pas mal de temps sur la toile pour regarder les différents rôles utilisés par les collègues. J'ai fait ma petite tambouille et défini 6 rôles : 

    Il y a 4 rôles que je distribue à chaque fois : 

    • Maitre du temps → il lit les consignes et fixe les priorités, organise le travail du groupe, manipule les sabliers, s'assure que le travail est terminé dans le temps imparti. Ce rôle permet de travailler les compétences d'organisation, essentielles pour être efficace ! 

    • Juge de paix → il distribue la parole pour que tous les membres s'expriment, s'assure que les membres de l'équipe s'écoutent et se respectent. s'assure de la bonne cohésion du groupe, empêche les discussions de s'envenimer, peut alerter le professeur si la médiation entre pairs est impossible. Les élèves aiment beaucoup ce rôle là, ils se sentent tout-puissants ! Ils se sentent aussi investis d'une grande mission. Jusque là je n'ai pas eu besoin d'intervenir dans un groupe. 

    •   Garant de réussite → il s'assure que tout le monde est au travail, surveille le bruit dans le groupe, transmet au professeur les questions du groupe (après concertation), manipule le Tétra'aide. Pour le moment le niveau sonore est vraiment acceptable ; j'ai une classe sur les 4 qui est plus bruyante mais un petit rappel à l'ordre et on repartis pour 10 minutes de silence. Je m'amuse à leur faire faire des exercices de chuchotement ( je dis une phrase et tout le monde doit la répéter en chuchotant). Vendredi ma classe bruyante est arrivée tellement agitée que j'ai fait cours en chuchotant pendant une heure entière. Bizarrement ça leur a beaucoup plus, ils en redemandent ! 

    • Chercheur → il vérifie les réponses dans la leçon, peut prendre les dictionnaires, peut se déplacer pour prendre des outils, fait des recherches pour le groupe si besoin. C'est le chercheur qui va prendre les missions lorsque l'on fait des séances "enquête" et il a le droit d'aller sur l'ordinateur de la salle aussi. Ce rôle plait énormément aux élèves. Il permet de travailler les compétences d'organisation et d'efficacité : faire une recherche n'est pas si facile que ça ! 

     

     

    Il y a aussi deux rôles que je distribue en fonction des besoins : 

    • Orateur : fait le compte-rendu de travail du groupe devant la classe. Ce n'est pas un rôle qui plait trop celui-ci car souvent ils ont honte de passer devant tout le monde. En début d'année, l'orateur peut avoir un assistant qui fait acte de présence devant le tableau. Cette présence rassure nos petits orateurs timides ! 

    • Scribe : il note les informations validées par le groupe, organise les informations pour que le rendu soit clair et ordonné, soigne le style de l'écriture et la présentation. Ce rôle est hyper important, surtout en 3e et je suis assez impressionnée de voir que certains élèves sont déjà très à l'aise avec la prise de notes. Certains organisent déjà toutes leur prises de note sous forme de carte mentale ! Chapeau à mes collègues qui ont formé mes élèves à cet exercice difficile ! Si le scribe a une écriture illisible ( cela arrive de plus en plus souvent je trouve), il peut changer de rôle.  

    Il faut bien sûr expliquer aux élèves que non il ne faut pas passer une heure à regarder sa montre ou lire le dictionnaire. Ils n'ont pas le droit d'échanger leurs rôles : l'idée est chacun remplisse chaque rôle dans l'année pour travailler toutes les compétences et découvrir ses points forts et ses points faibles. 

    Enseignants - Kit du travail en équipes.

     

    Enseignants - Kit du travail en équipes.

    Les cartes d'îlot

    Pour motiver les élèves et les pousser à être bien silencieux, je distribue une petite carte à chaque équipe. Je n'invente rien, je me suis inspirée des cartes de notre super collègue de la Légèreté des lettres  ( cliquez ici). Les groupes changent dès qu'un ilot obtient 20/20. 

    Cette carte fonctionne super bien ! Les élèves sont hyper motivés et veulent à tout prix gagner des points ! J'ai encouragé mes élèves à me signaler les élèves méritants de leur équipe : un élève qui fait particulièrement bien avancer le groupe, un copain qui d'habitude n'est pas trop motivé mais qui a fait beaucoup d'effort, un scribe particulièrement performant qui fait gagner du temps à l'équipe... C'est vraiment trop mignon de les voir arriver tout penauds à la fin de l'heure pour me demander de mettre un bonus à untel ou untel, surtout quand je sais par ailleurs qu'ils ne sont pas amis. J'aime vraiment cet esprit de camaraderie et de solidarité. 

    Le fonctionnement de l'îlot bonifié me plait énormément parce que personne ne se sent lésé. Ceux qui ne travaillent pas sont jaloux de leurs copains qui avancent plus vite et ça leur donne envie de faire des efforts. Celui qui travaille pour deux est bien content de savoir que ses efforts sont pris en compte et qu'il n'y a pas d'injustices. 

    Cliquez ici pour accéder au téléchargement 

    Je créerai régulièrement des nouveaux design de cartes pour le plaisir :) 

    Le tétra-aide 

    J'ai repris ce petit tétraèdre bien connu sur Internet et j'ai pris la version qui intègre le logo "ordinateur" pour indiquer les problèmes techniques. Il n'y a pas un tétraèdre par personne mais un par îlot. Je trouve que c'est suffisant pour les travaux que je mène pour le moment. 

    J'adore fonctionner avec ces tétra-aide ! C'est vraiment pratique, ça limite le bruit et les élongations du bras de certains !  Il y a encore des élèves qui restent 5 minutes le bras en l'air, tétra-aide en main mais ça va leur passer ( j'espère!). J'aime aussi l'idée que ça pousse les élèves à prioriser et à définir leurs besoins. 

     

    Deux fiches méthodes 

    Ces fiches sont imprimées recto verso, plastifiées et déposées sur les tables ( une fiche par îlot). 

    - Une fiche " travailler en équipe" : 

    Télécharger « méthodologie autonomie.pdf »

     

    - Et un petit montage de deux images que j'ai trouvées sur Internet : Télécharger « tuteur tutoré.pdf »

    Voilà, j'espère que ce long article vous aura donné envie de vous lancer dans les îlots et vous aidera à débuter dans cette belle aventure. Je ne suis encore qu'aux balbutiements et je vous invite à suivre mes collègues qui partagent beaucoup leurs outils et leurs idées brillantes : lalegeretedeslettresflaubertandco, uneprofaupaysduflexiblelabandeabaudelaire. Merci à elles d'être une source constante d'inspiration :) Le temps manque pour exploiter toutes les belles idées que l'on trouve dans notre jolie communauté de profs enthousiastes ! 

    Bonne chance à tous ceux qui veulent se lancer dans l'aventure des îlots ! Faites-vous confiance et faites confiance à vos élèves, tout ira bien ! :) 

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  • Aujourd'hui, grande ébullition chez mes 4e ! Nous avons fait un jeu concours avec un petit cadeau à la clef ! 

    J'ai craqué hier chez Action sur les petits carnets Disney à spirales. Parfaits pour faire de beaux cahiers de lecteurs et/ou d'écrivain l'année prochaine ! Un cadeau super chouette et pas cher en plus : 1 euro 79 ! Allez, c'est parti ! Mais il fallait bien trouver une excuse pour leur faire gagner un petit lot ! 

    J'ai donc réutilisé le superbe Genially qu'une collègue a très généreusement partagé sur Facebook. Merci beaucoup à elle ! C'est un quizz Disney sur les figures de style. 

    A l'origine, le jeu était conçu pour être fait à distance avec des lycéens. Je l'ai adapté à la Toussaint pour mes 3e avec quelques phrases en moins (et quelques Disney en plus parce que préparer ses cours en écoutant des chansons Disney c'est un plaisir que je ne me refuse pas!).

    Voici la version diaporama présentée aux 3e. J'ai donné aux élèves les phrases sur feuille pour qu'ils gardent une trace. Ils ont adoré l'exercice mais c'était quand même un peu dense ( mais je n'arrive pas à me résoudre à enlever des chansons !). 

     

    Pour mes 4e, j'ai fait une version plus courte et une version QCM pour pouvoir faire le jeu concours. Nous avons travaillé les figures de style tout au long de l'année et ce jeu était une bonne occasion de faire le point sur tout ce qui avait été vu. Je leur ai distribué une leçon assez classique avec des exemples comme synthèse de l'année. 

    Le but du jeu était de finir les 20 questions le plus vite possible ! Le petit truc qui les a bien embêtés c'est que s'ils se trompaient ils revenaient au début ! Il fallait donc réfléchir, lire la leçon et s'appliquer pour ne pas se tromper.

    La séance a super bien fonctionné ! Les élèves étaient hyper concentrés et ont beaucoup utilisé la leçon. Ils n'ont pas cliqué n'importe comment ; au contraire parfois ils n'osaient pas cliquer ! C'était rigolo d'entendre les réactions quand l'un d'eux se trompait et devait tout recommencer ! J'ai adoré les regarder faire et les voir chanter et danser en silence en lisant les paroles !

    J'ai été contente aussi parce que le jeu a duré 20-25 minutes. J'avais peur que les meilleurs élèves finissent en cinq minutes et qu'il n'y ait pas de réelle compétition. Mais ça a été super, et pourtant il y a beaucoup d'hétérogénéité dans la classe.  La peur de se tromper et de perdre du temps a vraiment poussé tout le monde a vérifier à deux fois avant de se lancer ! Je pense que l'apprentissage a été efficace !

    Deux élèves ont fini exactement au même moment, à deux endroits opposés de la salle ( par chance j'avais prévu deux carnets ;) ). Les autres élèves ont fini dans les cinq minutes qui ont suivi. Aucune jalousie et pas de mauvais esprit : tous étaient contents d'avoir joué même s'ils n'ont pas gagné ( mais je n'ai pas choisi la classe au hasard non plus, ce sont de chouettes gamins). J'étais assez contente aussi parce que les deux élèves qui ont gagné ne sont pas ceux que j'aurais imaginé ; les dés n'étaient jetés d'avance et ça m'a vraiment fait plaisir ! 

    Nous avons utilisé le temps restant pour revoir ensemble toutes les figures de style et les commenter. On a même eu le temps de regarder une des petites vidéos bonus que l'on débloque en finissant le jeu. Chouette séance de fin d'année ! :) 

    Les vainqueurs étaient vraiment ravis de leur petit carnet et ont promis de l'utiliser l'année prochaine. Une petite séance de dédicaces a clôturé ce chouette moment ! ( lien vers les petits carnets ici) 


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  • Cette année a été éprouvante pour tout le monde et j'avais envie d'une activité de clôture bienveillante et positive, à l'instar des petits stickers que j'avais créés en décembre pour clôturer l'année 2020. 

    Et comme juin c'est aussi le moment des révisions ( moment un peu masochiste durant lequel on se rend compte que nos chers petits élèves ont oublié beaucoup de choses vues durant l'année ^^), j'ai créé les révisions bienveillantes ! 

    C'est quoi des révisions bienveillantes ? 

    L'exercice est tout bête : il s'agit d'écrire des phrases en suivant des contraintes grammaticales. 

    Le petit plus c'est que chaque phrase est destinée à un camarade. Ce doit être quelque chose de gentil, pas hypocrite mais simplement humain et respectueux. J'ai bien insisté sur le fait qu'il n'était pas demandé de mentir : si on n'apprécie pas particulièrement le camarade auquel on doit écrire, on peut tout simplement lui souhaiter de bonnes vacances, un bon repos. Lorsque j'ai expliqué les règles, une élève a dit " On n'est pas obligé de dire 'je t'aime' mais au moins 'je te respecte'". J'ai beaucoup aimé son intervention. 

    Dans la pratique comment ça se passe ? 

    - La disposition des élèves

    On peut garder la disposition de classe habituelle mais moi j'ai choisi de faire un grand rond . Le matin on a poussé les tables et les chaises mais l'après-midi nous étions dehors, à l'ombre et au frais. Certains élèves étaient par terre, d'autres sur des chaises, chacun a fait comme il a voulu. 

    Nous avons réussi à écrire une vingtaine de phrases en une heure. On peut imaginer deux groupes si on a beaucoup d'élèves. 

    - L'explication de ma démarche 

    J'ai fait cette séance avec la 4e dont je suis PP dont le conseil était le soir-même et une classe de 3e que j'aime beaucoup. Je voulais faire cette séance avant que chacun ne s'échappe ( sans dire au revoir parfois :( ). 

    J'avais fait un petit genially pour guider tout ça. 

    Enseignants : Les révisions bienveillantes pour se dire au revoir tout en douceur !

     

    Le petit speech de départ a suscité des "ooooh c'est trop mignon" :  "L'été approche ! Cette année vous avez appris beaucoup et pas que grâce à vos professeurs ! Vos camarades aussi vous ont beaucoup apporté, par leur simple présence. Amis ou pas, les autres sont une richesse pour grandir ! Il est temps de se dire "au revoir et merci". C'est le moment aussi de réviser et de faire le point sur les acquis ! Nous allons donc écrire des phrases à contraintes pour refaire le tour des notions vues cette année ! C'est parti pour des révisions bienveillantes !"

    - L'organisation de la séance

    Chaque élève reçoit une feuille blanche ou de couleur sur laquelle il écrit son nom en gros ( mais pas trop non plus) . Les élèves peuvent faire une belle calligraphie et décorer mais il faut que cela aille vite. Sinon on n'a pas le temps d'écrire ! 

    Ensuite on fait passer la feuille à droite. 

    Je donne la première consigne d'écriture : il s'agit d'écrire une phrase non verbale. Cette phrase doit être destinée à l'élève dont on a reçu la feuille. Ce doit être une phrase bienveillante. On peut choisir de signer son petit mot ou pas. Il n'y a aucune obligation. On peut écrire en diagonale, en couleurs, comme on veut tant que c'est lisible ! 

    Lorsque je donne la consigne, un élève doit rapidement redonner la définition de la phrase non verbale.

    Quand je donne le signal, chacun fait passer la feuille à sa droite. 

    Et c'est parti pour la deuxième consigne ! ( j'ai balayé toutes les notions vues sur la phrase, les temps simples et composés et quelques figures de style. Pour les troisième il y avait aussi des subordonnées . Par exemple " Ecrire une proposition subordonnée conjonctive complétive dont la proposition principale est "j'espère"). 

    A la fin de la séance, chacun a écrit sur la feuille de tous ses camarades. Ca fait un beau souvenir à garder précieusement ! 

    Il y a eu un petit moment lecture et ils pouvaient aussi rajouter des choses sur les feuilles de leurs copains ( sans avoir à respecter de contraintes!)

    Retour d'expérience

    Les élèves ont adoré cette séance ! Ils étaient vraiment heureux de pouvoir écrire des petits mots à leurs camarades. Ils étaient très émus à la fin en récupérant leur propre feuille. C'était très émouvant, un beau moment de partage. Beaucoup m'ont remerciée. 

    Au départ les élèves sont un peu destabilisés, ils cherchent leurs idées. ils font un peu de bruit et regardent ce que fait le voisin pour trouver des idées. Mais au bout de quelques minutes, ils sont pris par l'exercice et ça roule. 

    Les élèves ont vraiment joué le jeu des contraintes grammaticales. Je pense qu'elles n'étaient pas toujours bien respectées, parfois ils se sont corrigés entre eux mais ce n'est pas très grave. Ils ont ré-entendu les termes et les définitions, c'est déjà ça de pris ! L'aspect grammatical était plus un prétexte qu'autre chose bien sûr ! 

    Je n'ai pas résisté au plaisir d'écrire aussi. Je suis toujours frustrée dans les bulletins car on ne peut pas toujours tout dire. J'étais heureuse de pouvoir être un peu plus familière et amicale dans mes petits mots. Les élèves étaient aussi très heureux de pouvoir m'écrire. Je suis ressortie avec une belle feuille pleine de mots doux et le sourire jusqu'aux oreilles :) 

    Voici le genially support si ça peut vous donner des idées ! Il n'est pas forcément indispensable d'avoir un support , l'improvisation ça marche bien aussi ! C'est ce que j'ai fait quand nous avons fait cours dehors ! On peut aussi laisser les élèves faire des propositions ! A vous de voir ! 

     

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  • LA FENÊTRE D’EN FACE, Henri Gougaud

    Avant que le vent ne la froisse, avant que la pluie ne l’aveugle, peut-être trouvera-ton cette lettre que je lancerai par la fenêtre, comme un oiseau délivré, une fois dite mon aventure. Je ne me fais pas d’illusions : je sais qu’elle est incroyable. Je suppose même, quand elle sera connue, que l’on pourra douter de mon existence palpable. Or, à l’honnête homme dont la raison ébranlée exigera des preuves, je veux dire ceci : si vous ne craignez pas les certitudes vertigineuses, montez au septième étage, numéro huit, rue Paradis et poussez la porte. Je vous attends. Mais d’abord, écoutez : J’habitais l’immeuble en face il y a un an, un jour, un siècle, je ne sais. Je me souviens qu’une nuit d’été caniculaire, rêvant, avant d’aller dormir, sur le balcon de ma chambre dans la brise délicieuse, je remarquai de l’autre côté de la rue une fenêtre ouverte sur une pièce chaudement éclairée. J’en fus surpris : d’ordinaire, derrière ces murs, n’apparaissaient entre deux rideaux mal joints que des recoins d’appartements fatigués, de salles à manger désuètes, de cuisines étroites où s’affairaient mollement des femmes sans grâce. Or, sur la façade grise, la demeure entrevue était d’une étrange et sournoise richesse. Une bibliothèque vitrée et des tableaux apparemment anciens couvraient les murs. Sous le plafond orné de moulures extravagantes une haute lampe de bronze au chapeau de tissu brun posée sur un vaste et vieux bureau encombré d’objets hétéroclites illuminait le crâne d’un vieillard qui semblait écrire furieusement, entre deux remparts de livres entassés. Je me pris, je crois, à envier ce vieil érudit dans son repaire feutré. Quand il leva la tête et me regarda l’œil perçant par-dessus ses lunettes cerclées de fer, je lui souris. Un instant plus tard, craignant d’être indiscret, je tirai les rideaux et me couchai. Je fis un cauchemar au cours duquel l’étrange bonhomme aperçu jouait un rôle assez sinistre. Le lendemain matin, j’épiai à nouveau la même fenêtre, de l’autre côté de la rue. Elle était fermée. Je n’attendis pas longtemps. Une vieille femme au visage bouffi l’ouvrit bientôt toute grande. Alors un malaise bref m’assaillit et je sentis mon cœur trébucher soudain. La pièce baignée de soleil n’était pas celle que j’avais vue, découpée dans la nuit, sous la lumière franche de la lampe. Ce n’était maintenant qu’une chambre étroite aux murs délavés, succinctement meublée d’une chaise et d’un lit défait. Dans un coin, derrière un paravent de papier peint criard, on devinait un lavabo. Rien d’autre. J’examinai la façade. Deux fenêtres étaient immédiatement visibles de mon balcon. L’une éclairait une cage d’escalier, l’autre était forcément celle que j’avais observée. Une erreur était improbable. Alors je décidai que j’avais été victime de quelque hallucination, ce qui me mit pour la journée de fort mauvaise humeur. Heureusement, un travail urgent m’obligea à reléguer le malaise dans les recoins les plus lointains de mon esprit. Mais la nuit revenue, à l’instant d’aller dormir, je ne pus m’empêcher de jeter un coup d’œil de l’autre côté de la rue. Je n’aurais jamais dû. Sur le mur d’en face, dans son repaire richement meublé d’objets curieux et de livres aux reliures fauves, près de sa lampe de bronze allumée, le vieil homme était assis. Il n’écrivait pas. Les bras croisés sur la table, il semblait m’attendre. Dès que j’apparus sur mon balcon, il me fit un signe. Etrangement, je ne fus pas surpris. Je le saluai. Alors dans la nuit paisible, j’entendis son rire de crécelle et sa voix cordiale m’interpeller : – Venez, venez donc ! Au septième, la porte en face. Je n’hésitai pas un instant à accepter l’invitation. Quoique je ne me souvienne pas avoir quitté mon appartement et gravi l’escalier de son immeuble, je le fis sans prendre le temps de m’habiller décemment et me retrouvai, vêtu de ma seule robe de chambre, devant sa porte entrouverte, où sa voix un peu chevrotante m’accueillit : – Entrez, entrez, mon bon monsieur. Vous êtes le bienvenu ! J’obéis. Un parfum de grenier bizarrement attendrissant m’envahit, comme si je pénétrais dans la mémoire paisible d’une très vieille maison, hors des tempêtes du monde. L’homme, appuyé à son bureau, me regarda venir à lui et me tendit une main chaleureuse. Il était petit, voûté, infiniment plus vieux que je ne l’imaginais, mais tout à fait vigoureux et souriant. Un peu honteux de mon accoutrement sommaire, je bredouillai quelques excuses auxquelles il n’accorda pas la moindre attention. Il me fit asseoir dans un vaste fauteuil et me dit, l’air prodigieusement intéressé : – Votre balcon est un point d’observation remarquable, mon bon monsieur. Peut- être ma question vous paraîtra-t-elle saugrenue, mais dites-moi, avez-vous déjà vu la fenêtre de cette pièce ouverte en plein jour ? Je ne pus que lui faire part de ma curieuse hallucination, et de ma perplexité. L’homme m’écouta avec une extrême émotion et poursuivit à voix fiévreuse : – Vous n’avez été victime d’aucune illusion. Savez-vous ce qui m’arrive chaque fois que l’aube paraît ? Je m’endors. Et je m’éveille au crépuscule, devant mes livres. Etrange, n’est-ce pas ? Bientôt vous connaîtrez cela, Dieu merci, vous connaîtrez cela. Il y a un an, un siècle, je ne sais, j’habitais votre appartement. Un jour je fis la même observation que vous : la chambre de bonne le matin, la bibliothèque le soir. Inutile de vous expliquer ce que j’ai ressenti, et ce que j’ai fait, puisque vous avez suivi le même chemin que moi. Mon prédécesseur en ces lieux était un vieil acariâtre qui m’abandonna sans un mot de réconfort. Je ne serai pas aussi cruel, mon bon monsieur. Au fait, est-ce toujours la même soubrette assez jolie qui ouvre cette fenêtre tous les matins ? Je pris le vieillard pour un mystificateur. Il s’en aperçut. Alors, posément, il me dit ceci : – A l’aube, je serai parti, je ne sais pour quelle destination. Vous me remplacerez. Telle est la loi qui sévit ici. Ne perdez pas de temps à tenter de vous évader. Chaque fois que vous essaierez d’ouvrir la porte, vous vous endormirez infailliblement. Toutes les nuits vous devez recopier les livres qui encombrent ces murs sur des feuilles de papier constamment renouvelées, par je ne sais qui. Vous les trouverez tous les soirs sur votre bureau, à la place de votre travail de la veille, qui aura disparu. Je sais, c’est absurde. D’autant que ces ouvrages sont dénués d’intérêt. Ce sont des dictionnaires. Le vieillard dans son fauteuil se laissa submerger par une profonde rêverie. – J’ai beaucoup réfléchi, dit-il, au sort qui nous est fait. A mon avis, cette pièce est un lieu de communication entre deux mondes. Une sorte de guichet, si vous voulez. Oui, je crois que pour les vivants d’un autre espace nous jouons le modeste rôle de fonctionnaires informateurs. Il doit y en avoir d’autres, des milliers d’autres, un peu partout. Je me levai, décidé à prendre la fuite. Je ne me souviens pas avoir atteint la porte. Je me réveillai assis devant le vieux bureau. J’entendis une voix étrangère, dans mon dos, qui disait : – Vous avez intérêt à travailler ferme. Chaque fois que vous serez tenté de faire la grève, vous serez pris d’une insupportable migraine. Bonsoir monsieur. Je me retournai. J’étais seul. Je n’ai jamais cessé depuis de l’être, et de travailler. Mon appartement, de l’autre côté de la rue, est maintenant occupé par un couple de jeunes gens qui se soucie peu de regarder par la fenêtre. Si vous ne pouvez croire à mon histoire, si vous doutez de mon existence palpable, si vous voulez des preuves enfin, je ne peux mieux dire : montez au septième étage, numéro huit, rue Paradis, et poussez la porte. Je vous attends.

     


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  • NOCTURNE

    Je m’appelle Julius Canahan et je désire que mon nom bientôt s’efface avec ma vie. Désormais je me sens en ce monde comme un vieux corbeau englué, piégé, trop fatigué pour espérer une quelconque délivrance. Ce monde, pourtant, Dieu m’est témoin que j’ai tenté de le comprendre. J’ai aimé les hommes, ces animaux étranges, mes semblables. J’ai passionnément étudié leurs gestes, leurs comportements, leurs manières d’être : je suis ethnologue — ou plutôt, je le fus. Car aujourd’hui j’abandonne l’étude comme un soldat trop durement blessé abandonne le champ de bataille. Je ne veux plus rien savoir. Vous comprendrez peut-être pourquoi, au terme de ma douloureuse histoire.

    Il y a quelques années, feuilletant avec délectation un bel ouvrage de mythologie populaire que venait de m’offrir ma femme, je découvris un conte arabe dont le charme serein me ravit. Ce conte disait à peu près ceci : un jour, un pauvre paysan d’Ispahan, accablé de fatigue et de chaleur, s’assit dans son jardin à l’ombre d’un figuier, contempla un instant sa vieille maison couleur de terre ensoleillée, se laissa bercer par un chant de source et s’endormit.

    Alors, un rêve étrange le visita. Il fut tout à coup transporté dans une ville inconnue, magnifique et populeuse. Errant par les ruelles il parvint au bord d’un vaste fleuve que traversait un pont de pierre. Contre le parapet de ce pont il aperçut une borne, et près de cette borne, dans une niche dissimulée par une touffe d’herbe, il vit un immense trésor. Alors, sans trop savoir comment, il sut qu’il était dans la grande cité du Caire, en Egypte, et son rêve s’effaça. Or, cet homme simple croyait à la clairvoyante magie des songes. À peine éveillé, il ferma donc sa porte à double tour et s’en fut pour la lointaine ville aux mille minarets. Il y parvint après des semaines de marche aventureuse et la découvrit telle qu’il l’avait vue dans son sommeil. Mais sur le pont, près de la borne, à la place du trésor si clairement rêvé, il ne vit qu’un vieil homme misérable qui lui tendit une main tremblante, espérant un croûton de pain.

    Alors, désespéré, à bout de forces et de ressources, il voulut se jeter dans le fleuve. Le mendiant le retint durement, lui demandant pourquoi il désirait mourir, par un si beau temps. Le rêveur déçu lui conta sa malheureuse aventure. « Tu es un insensé, répliqua son compagnon. J’ai moi-même cent fois rêvé que je me trouvais à Ispahan, devant une maison couleur de terre ensoleillée à la façade ornée d’un cadran solaire à demi effacé. Près de cette maison poussait un figuier et, creusant sous ce figuier, je découvrais un grand sac de pièces d’or. Mais je ne crois pas aux songes clairvoyants, et je n’ai pas quitté ma tanière. Tu aurais dû faire comme moi. » Ces mots illuminèrent l’œil du pauvre paysan qui reconnut, à la description faite, sa maison, et son figuier. Il revint aussitôt à Ispahan, creusa sous l’arbre désigné et trouva la fortune promise, dont il jouit en paix jusqu’à la fin de ses jours. Ainsi finit la légende. Je la pris d’abord pour une belle et sage parabole : toute richesse est en soi, il est vain de la chercher ailleurs, telle était, me semblait-il, sa simple morale. Puis je découvris que ce conte apparemment inoffensif était universel : partout dans le monde il fut autrefois exactement dit, son décor seul étant différemment colorié, selon les pays et les climats. Cela m’intrigua, je ne sais pourquoi.

    Enfin le jour vint où moi, Julius Canahan, je fis le songe du paysan d’Ispahan. Je me trouvais à Vérone, en Italie. Au bout d’une ruelle pavée bordée d’arcades de pierre blonde je parvenais sur une petite place paisible et somnolente. Un platane vénérable était planté en son milieu. Dans son ombre vaste trouée de rais de lumière, près de la boutique d’un coiffeur, je découvrais une haute façade étroite et rose. Au pied de cette façade m’attendait un sac de voyage en cuir noir plein à ras bord de billets de banque neufs, soigneusement empilés.

    A peine éveillé je racontai ce rêve à ma femme. Il nous fut un sujet de plaisanterie. Le charme subtil du conte m’avait décidément enivré. Ma chère Aurélia me contempla avec un émerveillement tendrement ironique, quant à moi je ne parvins pas tout à fait à considérer mon voyage nocturne avec le détachement amusé qui eût certainement convenu. Ce rêve était de ceux qui s’imposent avec une étrange puissance, bien au-delà du sommeil. Et puis je n’étais jamais réellement allé à Vérone. Comment pouvais-je en avoir une image aussi précise ? Quand, le lendemain, je m’éveillai à nouveau habité par le même songe exactement répété, Aurélia ne pensa plus à sourire. Elle sut aussitôt, considérant mon œil vague et mon front barré de rides, que j’avais décidé de partir, toutes affaires cessantes, pour Vérone. Je devais absolument visiter cette ville blonde et grise déjà trop familière, ne serait-ce que pour vérifier l’exactitude de ma vision.En fait, l’aurais-je voulu, il m’était impossible de ne pas suivre jusqu’à son terme le chemin de la légende.

    Je partis donc. Je découvris Vérone — est-il nécessaire de le préciser ? — telle que je l’avais vue en songe. Moi qui me perds toujours dans les villes inconnues je trouvai sans faute la ruelle pavée bordée d’arcades et la petite place somnolente, et la haute maison rose, près de la boutique du coiffeur. Là, à l’ombre étroite de la façade, une vieille femme tricotait tranquillement, assise sur une chaise basse. Dans un italien approximatif qui l’amusa beaucoup, je lui racontai mon rêve, et elle me conta le sien, avec une application touchante. Elle décrivit très exactement mon appartement, puis j’appris qu’un homme viendrait bientôt frapper à ma porte et déposer à mes pieds une confortable fortune. « Dans mon rêve, précisa-t-elle, il était tout souriant, tout gris, tout pâle. Mais quelle importance ? Tout cela, c’est du tissu dont on fait le vent. » Je la remerciai et m’en fus d’un pas serein. J’aurais dû être bouleversé. Je ne fus même pas surpris. À vrai dire, je n’aurais pas été plus insouciant si l’on m’avait gavé de pilules euphorisantes. Le soir même je pris le train pour Paris.

    Le lendemain en fin de matinée, j’étais de retour chez moi. C’est alors que je faillis mourir de douleur et d’effroi. L’appartement était de fond en comble ravagé. Sur le plancher de la chambre ma femme gisait, morte, enveloppée dans un drap sanglant. Des cambrioleurs nocturnes l’avaient assassinée. Des jours abominables qui suivirent je ne dirai rien, pardonnez-moi. Aurélia serait encore vivante si je n’étais pas allé à Vérone. Et je n’aurais jamais connu cet homme souriant, gris et pâle, qui m’apporta, dans un sac de voyage en cuir noir, le montant de l’assurance-vie que ma chère compagne avait contractée, dans sa jeunesse — une confortable fortune dont je n’ai que faire, errant désormais en ce monde comme au fond d’un labyrinthe, sous le soleil noir des souvenirs invivables.

    Henri Gougaud, Départements et territoires d’outre-mort, Nouvelles, Editions du Seuil, 1991


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  • Voici un module complet pour comprendre et manipuler la proposition subordonnée relative.

     

    Enrichir et organiser sa phrase : la proposition subordonnée relative

    Exercices pour aller plus loin :

    -Créer une proposition relative pour éviter les répétitions : ici, ici

    - Utiliser le bon pronom relatif : ici , ici et ici

    - Reconnaître une proposition subordonnée relative : trois exercices sur ortholud

    - Exercices divers sur lingolia

    - Accord du participe passé avec un pronom relatif

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  • Dans cette nouvelle, l'assassin se trouvera puni d'une drôle de manière... 

    Lisez cette courte nouvelle mystérieuse et très bien écrite ici : 

    ou téléchargez le fichier en cliquant ici

     


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    La photographie.

     

    Le coin des lecteurs - La photographie, Sternberg

    Il y avait quelques mois que j'avais acquis cette photographie. Collée sur un morceau de contre-plaquée, elle envahissait presque tout un mur et, bien souvent, je me demandais pourquoi je ne la remplaçais pas ; je ne lui trouvais rien de bien remarquable et en général je n'appréciais guère la photo.

    A la rigueur, on pouvait lui trouver quelque chose d'insolite, une impression diffuse qui me dérangeait parce que, justement, je ne voyais pas exactement pourquoi je jugeais cette image insolite. Elle représentait un grand lac, vraiment très banal, avec en arrière-plan une colline déserte pas moins banale. La photo était en noir et blanc, le ciel uniformément gris sale. Sur le lac, on voyait une barque, perdue au loin, minuscule.

    Je mis un certain temps à me rendre à l'évidence, même si elle me paraissait difficile à accepter : la barque, de semaine en semaine, avançait. C'est ainsi. Inexorablement, se déplaçant dans un espace temps impossible à définir, la barque grandissait parce qu'elle avançait sur le lac, venue de quelque lointain rivage pour se diriger vers le bord extérieur du cliché. Autant dire vers moi.

    Un jour, je pus distinguer deux personnages dans la barque. L'un ramait, l'autre assis plus en avant semblait ne rien faire. Quelque temps plus tard, d'autres détails me rentrèrent dans le regard. C'était un homme aux bras nus qui ramait et le personnage placé à la proue ne pouvait être qu'une femme.

    Comme la barque se dirigeait vers moi, chaque jour qui passait donnait du poids, de la présence aux deux personnages. Mais seule la femme m'intéressait. Jusqu'au moment où l'inquiétude, puis l'effroi s'en mêlèrent parce que je la reconnaissais.

    Impossible de la confondre avec une autre : ses longs cheveux raides et blonds, ses yeux si froids qu'ils paraissaient éteints, son corps trop massif et menaçant dans son immobilité, tout en elle me donnait froid dans le dos. Surtout qu'elle me dévisageait les yeux dans les yeux, sans aucune trace de sentiment, et sur ses genoux il y avait un fusil dont le canon également me lorgnait de son œil de cyclope meurtrier. Une de ses mains semblait caresser tendrement la gâchette.

    Comment ne pas la reconnaître et me souvenir de tout sans trembler ? J'avais eu une brève liaison avec elle, l'hiver dernier ; au printemps, excédé, je rompais, emporté par une brutalité qui ne me ressemblait pas et, dès cet instant, avec une froideur sauvage, elle s'était juré d'avoir un jour ma peau.

    Jacques Sternberg, Histoires à mourir de vous (1991).

     

      

     

     

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  • Dans cette dictée tu vas travailler les notions suivantes : 

    - Le son -é à la fin des verbes 

    Les accords du participe passé 

     

    Revois les notions avant de faire la dictée. C'est une dictée auto-corrective à faire sur ordinateur mais si tu préfères, tu peux écrire sur une feuille. 


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  • Faire le portrait d'un personnage est un exercice difficile qui demande beaucoup d'entraînement. Cela demande du vocabulaire et de l'organisation. Voici quelques pistes pour vous aider... 

    Quelques conseils pour réussir : 

    - Faites des phrases courtes et simples dans un premier temps. Si vous maîtrisez la syntaxe vous pouvez vous permettre de faire des phrases plus complexes mais dans un premier temps visez la clarté et la simplicité. 

    - Chaque caractéristique physique doit être "utile". Dire que le personnage a un chapeau bleu, une cravate rouge, des chaussettes vertes et un pantalon noir n'a aucun intérêt si cela n'est pas utile pour mieux le mieux connaître. En revanche, préciser qu'il s'habille de façon colorée parce que c'est une personne excentrique, qui aime se faire remarquer donne de la profondeur et de l'intérêt à votre description. 

    - Pensez à organiser votre description ! Ne faites pas un catalogue de remarque désordonnées. Faites un plan ! ( ce conseil vaut pour toutes les rédactions ! Faites toujours un plan, même succinct !). Listez sur une feuille les caractéristiques de votre personnage, faites-le vivre dans votre esprit et organisez ensuite les idées en les numérotant.  En général, pour la description physique on décrit d'abord l'allure générale puis les parties du corps ( de haut en bas la plupart du temps mais vous pouvez choisir de faire l'inverse pour créer un effet de mystère, de suspense). 

    Leçon à lire : Lisez la leçon de mon collègue de Cours2français : cliquez ici

     

    Boîte à mots --> Trouvez le format qui vous convient le mieux pour apprendre : carte mentale, liste de mots...

    La description physique 

    Téléchargez ces deux très bonnes cartes mentales sur la description physique

    - Boîte à outils pour les Dys : créer un pantin descriptif 


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  • Le participe passé des verbes peut être utilisé seul comme adjectif ou avec un auxiliaire dans un temps composé. 

    Nous ne parlerons pas des règles d'accord du participe passé ici mais seulement de la formation du participe passé ; de sa forme "neutre", sans accord. 

    Pour savoir comment écrire la dernière syllabe du participe passé, on le met simplement au féminin. Si on entend une consonne au féminin c'est qu'elle est présente aussi au masculin : 

    - faire : fait > faite

    - prendre : pris > pris

    - offrir : offerte > offert 

    - dire : dite > dit 

    - unir : unie > uni

     

    Exercices : 

    - Choisir la bonne forme ( jeu de la taupe) 

    Repérer le participe passé ( jeu du labyrinthe) 

    - Distinguer infinitif et participe passé  

    Les terminaisons du participe passé (1) 

    Les terminaisons du participe passé (2)

    Exercices sur les verbes irréguliers 

     

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  • Voici des liens pour réviser le rituel de conjugaison sur les temps composés : 

    Les temps composés ( leçon générique) 

    L'orthographe du participe passé ( hors règles d'accord) 

    Conjuguer les auxiliaires être et avoir à tous les temps 

    Le passé composé 

    Le plus-que-parfait 


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